Lettre
28 novembre 20102 minutes
Lettre
28 novembre 20102 minutes
Ma chérie,
Je suis allée comme tu me l'as demandé sur Paris. Je n'y vais pas souvent, c'est le problème des banlieusards, les provinciaux croient qu'ils profitent de Paris alors que c'est rarement le cas. Enfin.
Comme prévu la foule des grands jours étaient là : Noël approche. Heureusement les rayons les plus attirants : jouets, vêtements et haute technologie n'étaient pas ceux où je voulais aller. Une fois descendue au sous-sol, tout était beaucoup plus calme, même le fond sonore avait baissé. Evidemment je me suis perdue dans les différents rayons, je crois que je l'ai fait un peu exprès. J'ai donc admiré le nouveau design de nos cuisines. Désormais la couleur est de la partie et plutôt vive : objets verts, bleus, rouges, orange tous dans des tons soutenus. Beaucoup d'animisme aussi : des petits personnages au visage stylisé mais joyeux s'avèrent être des ensembles surprenants : Oh un kit à salade ! Et ici le bonhomme se décompose en sablier d'une part et coquetier d'autre part. Son socle est en fait un coupe œuf et sa lance une petite cuillère au manche effilé dont la partie arrondie a été camouflée derrière le sablier.
Que d'imagination et d'astuces. Je n'en reviens pas. J'imagine ma cuisine classique aux meubles de bois patiné envahie par ces innovations colorées. Je crois que j'aurais l'impression d'être observée par un bataillon de lutins malicieux !
Dans l'allée suivante nouvelles surprises : les robots ménagers. Les modèles traditionnels continuent d'être exposés mais façon rétro en alu brossé : sans doute qu'un panel existe qui veut recréer les cuisines des années soixante. Sinon quelle diversité et quelle ingéniosité pour râper, couper en rondelles, émincer, broyer, pétrir. Les moyens compacts de rangement sont eux aussi impressionnants : ranger un tel engin doit s'apparenter à remonter un casse-tête ! C'est comme les cafetières alignées telle une armée de mini char de guerre, guerre contre la morosité au vu des coloris choisis, guerre contre la monotonie, maintenant on ne propose plus un café mais un arabica du Brésil ou un mélange colombien : les invités finissent par déclarer inquiets « Fais à ton idée ».
Tout cela pour te dire que je ne suis pas ennuyée une minute à te rendre ce petit service. J'ai finalement trouvé au fond du magasin un rayon moins bien éclairé que les autres où, ton amie, avait raison, j'ai trouvé les sacs aspirateurs que tu ne trouves plus dans ta campagne lointaine. J'aurais encore beaucoup à dire sur les aspirateurs rencontrés à cette occasion mais je vais rater la levée alors je te laisse.