Monsieur Hiver
21 mars 20154 minutes
Monsieur Hiver
21 mars 20154 minutes
Aujourd'hui, pour des raisons évidente d’actualité en ce 21 mars, nous avons le plaisir de recevoir Monsieur Hiver.
Alors, la saison se termine pour vous, quel est votre ressenti cette année ?
Ne nous précipitons pas, la saison n'est pas terminée. Je n'ai as dit mon dernier mot, bien au contraire. Vous aurez noté la neige à New York pas plus tard qu'hier !
Certes, mais quand même, traditionnellement, on considère que la saison est finie au 20, 21 mars...
Oh, vous savez ce n'est qu'une tradition comme vous le dites vous même. Et assez idiote si vous voulez mon avis. D'ailleurs la sagesse populaire ne dit-elle pas : "En avril ne te découvre pas d'un fil" ? Sans parler de mes alliés les plus fidèles : Mamert, Pancrace et Servais, les saints de glace bien connus, qui prouvent, si besoin était, que même en mai des gelées sont possibles !
D'accord, d'accord. Je ne voulais pas diminuer votre importance. Mais pour en revenir à ma question : quel est votre bilan pour 2014/2015 ?
En tant que chef d'entreprise pluri-millénaires, je dirai que nous nous en sortons bien et pourtant la conjoncture ne nous est pas favorable. Cette année nous avons concentré nos efforts sur les montagnes et, ma foi, les avalanches, blocage de stations et hauteurs de neige ont été tout à fait satisfaisants.
Je reconnais que cette année nous n'avons pas réussi à paralyser Paris mais Russie et Etats-Unis ont été bien servis et la fermeture des aéroports a atteint une moyenne tout juste acceptable.
Par contre, je suis plutôt content de l'épidémie de grippe particulièrement virulente cette fois-ci. Je peux vous confier que depuis le flop de la version H1N1 nous avons revu nos accords et il était clair qu'elle devait faire ses preuves si elle voulait conserver sa première place dans les actualités hivernales. Cette année lui permet de marquer des points mais nous restons vigilants. Notre objectif pour l'an prochain est bien évidemment de faire baisser le taux de vaccination. La mutation de la grippe ajuste après la sortie dudit vaccin devrait nous y aider.
Que pensez-vous du réchauffement climatique ?
Je vois que vous vous êtes renseigné. Vous pensez que cette question nous inquiète ? Je vous rassure tout de suite, nous y sommes préparés. Nous avons redéployés nos zones géographiques et, si nous gardons nos territoires historiques comme l’Arctique, l’Antarctique, le Canada et la Russie, nous mettons en place une certaine agressivité vis à vis de l'Europe, en utilisant la fonte de la calotte glaciaire pour contrer le Gulf Stream. A ce propos les jours de cette entreprise sont comptés et si j'ai un conseil à donner à vos auditeurs : si vous avez des actions Gulf Stream, vendez-les !
Donc vous êtes confiant dans l'avenir ?
Tout à fait. Nous envisageons sereinement les deux deules options possibles: ralentissement progressif du réchauffement ou accélération de ce dernier.
La première hypothèse a évidemment notre préférence et pour nous y préparer au mieux, nous avons garder intact l’intégralité" de nos ressources climatiques en termes de tempêtes de neige, blizzard, chute de température, grêle,...
Et pour la deuxième hypothèse, quand même plus plausible, vous le reconnaitrez ?
Ça c'est vous qui le dites, nous, nous les envisageons avec la même probabilité. Dans l'éventualité d'une accélération, nos laboratoires ont commencé à travailler sur des changements de comportements : des régions plus petites, mieux ciblées et avec plus de force. Nos premiers essais dans les Pyrénées sont encourageants, nos chercheurs dépouillent encore les données.
Et la concurrence ?
Très bonne question ! Pour rappel nos trois grands concurrents sont le printemps, l'automne et l'été. Depuis longtemps nous négocions avec les deux premiers au sujet des limites de nos sphères d'influence : ce fameux 21 mars dont vous me parliez en début d'interview et le 21 décembre. Les discussions avancent bien, l'automne est assez favorable à nous céder décembre et même une partie de novembre et je vous ai déjà expliqué nos avancées avec le printemps.
Par ailleurs nous avons déjà engagés des pourparlers avec les cyclones, typhons et autres tempêtes tropicales qui ne sont pas particulièrement attachés à une saison précise, et nous pourrons, le cas échéant, créer des alliance stratégiques contre notre principal concurrent : l'été. Nous ne sommes pas inquiets car nous avons constaté qu'il s'endort au soleil et ne revoit aucune de ses techniques commerciales, ne tenant aucun compte de la diminution de ses offres dues, par exemple, à la montée des eaux.
Je vous remercie d'avoir partagé cette vision rafraichissantte des choses et je vous dis à l'année prochaine !