Vigo
15 novembre 20147 minutes

Vigo
15 novembre 20147 minutes
Située dans la commune autonome de Galice, Vigo est la plus grande ville de la région sans en être la capitale et est située sur l'océan atlantique. Détentrice de nombreux monuments historiques, la ville est également célèbre en raison de la présence des îles Cies, un petit archipel accessible de Vigo en bateau. Premier port de pêche européen, Vigo offre aux touristes la possibilité d'un tourisme balnéaire agrémenté de visites culturelles.
Evidemment en novembre l'aspect touristique a fait long feu : les îles ne sont pas accessibles et nombreux sont les magasins, bars et restaurants fermés !
A notre arrivée tardive le samedi, nous nous sommes contentés d'aller à la taperia la plus proche, de commander au hasard des tapas (trop !) et de revenir à notre hôtel Inffinit au design italien surprenant et séduisant.
Le dimanche, nous avons eu la chance d'avoir un temps plutôt ensoleillé et nous avons apprécié notre promenade sur la petite colline qui soutient un ancien fort et offre de belles vues sur la côte, les fameuses îles et la vieille ville. Des vestiges d'habitations primitives anciennes ont été trouvés partout dans la région comme en témoigne les cartes et la reconstitution d'un tel "castro" sur les flancs du fort. Nous revenons au centre ville par des rues parfois pavillonnaires, parfois en cours de déconstruction (bâtiments murés, poutres métalliques de soutien).Nous croisons les courageux participants aux 11 km de Vigo ! Nous avons déjeuné de spécialités locales :huitres et autres produits de la mer ! L'après-midi nous sommes allés tout au sud par bus et nous sommes remontés à pied, par le plaisant bord de mer, jusqu'au musée de la mer. Bâtie à la façon d'une ancienne conserverie, les espaces des salles d'exposition semblent impressionnants, cependant il n'ouvre qu'à partir de 17h, heure à laquelle Jean-Luc doit travailler avec un collègue américain. Repas du soir semi-professionnel de par la conversation et un peu copieux. Le vin du menu nous déçoit beaucoup, la bouteille achetée nous convient mieux. A nouveau comme hier les liqueurs sont offertes.
Le lundi je pars vers Saint Jacques de Compostelle. Le train (de 9h50) est un omnibus, il longe un grand estuaire brumeux et pluvieux. Le train est moderne : confortable, spacieux. Les toilettes sont adaptées pour les handicapés et des distributeurs permettent d'acheter confiseries et boissons.
Saint Jacques de Compostelle est une ville ancienne aux rues tortueuses et aux bâtiments de granit, en cette journée pluvieuse elle parait particulièrement grise et sombre. La cathédrale est grandiose, écrasante de par ses proportions gigantesques. Je finis par avoir mal au dos à force de me pencher en arrière pour saisir les perspectives ou admirer tel ou tel détail architectural ou sculptural. L'intérieur comme l'extérieur est de style pour le moins mélangés, le baroque surchargeant les époques précédentes. Le musée de la cathédrale permet de parcourir l'ensemble architectural "par derrière". En effet les salles sont sous ou autour du chœur, le cloître imbriqué est au deuxième niveau (ou premier selon la porte empruntée). Une magnifique bibliothèque (pas très grandes par rapport à celle de Coïmbra ou de Dublin) avec quelques manuscrits précieux et exposés dont un particulièrement ancien (723) et important qui raconte comment l'apôtre Jacques venu évangéliser l'Espagne (un peu comme Saint Patrick pour l'Irlande) est mort en combattant (je crois : tout était en espagnol) et comment son corps a été transporté jusqu'ici et redécouvert plus tard (au VIII ème siècle). Une autre salle a retenu mon attention : des tapisseries d'après des cartons de Goya, un Goya inhabituel frais et léger qui propose une jeune fille à l'escarpolette très classique.
Tous les autres musées étaient fermés comme c'est le cas, généralement, en Espagne. J'ai beaucoup déambulé dans les rues étroites, j'ai déjeuné dans un restaurant sympathique vers 15h et je suis rentrée par le train de 18h31. Nous dinons au Don Quichotte entre français et la conversation tourne, à nouveau, beaucoup autour des normes ISO !
Le mardi visite du musée du sel en fin de matinée et du musée de la mer en fin d'après-midi. En effet ce sont les horaires habituels, les musées ouvrent de 11h à 14h puis de 17h à 19h (un peu plus tard en été). Le musée du sel est en fait un marais salant du 4ème ou 5ème siècle retrouvé lors de travaux d'urbanisme et conservé en l'état. Il faut donc descendre sous le niveau de la rue et des constructions. Très sympathique mais vraiment petit. En me baladant au gré de mes envies je trouve une petite cafétéria de type salade bar : fruits et légumes non assaisonnés, après toute cette cuisine à l'huile d'olive c'est un régal rafraichissant. Mon idée de rejoindre le musée de la mer à pied n'aboutit pas au regard des intempéries ! Le bord de mer a cela de bien que le temps changeant assure quelques éclaircies mais sur ce créneau de milieu d'après-midi un véritable orage (avec éclair et tonnerre) noie mes velléité pédestres e c'est en bus que je rejoins le musée. Arrivée avant l'ouverture je me propose d'attendre en buvant un café au petit restaurant du musée mais si nous l'avions bien vu ouvert dimanche, aujourd'hui est fermé et je me réfugie dans une encoignure pendant que le vent souffle violemment et chasse pluie et nuages. Le musée m'appartient et je flâne dans les immenses pièces : quelques peintures abstraites en exposition temporaires, quelques outils de navigation, cartes, oiseaux empaillés, poissons formols et un squelette de baleine en hauteur pas tellement impressionnant dans cet espace aux dimensions d'entrepôt. A noter : beaucoup de jolies maquettes de voiliers dans le premier bâtiment, une grande exposition didactique sur la pêche (essentiellement la sardine) au cours des âges à Vigo et surtout dans le troisième et dernier bâtiment un immense aquarium reproduisant l'écosystème local. Pas de poissons exotiques ni de coraux colorés mais un peu comme une immersion dans la mer toute proche ! Le soir nous avons un peu de mal à trouver un établissement ouvert mais finalement nous tombons sur l'équivalent d'un bar à vins où nous partageons des tapas avec un suédois et 2 américains. Pour une fois la discussion est plus générale, elle porte sur le temps, les difficultés d'intégration (des syriens en Suède et des roumains en général), l'économie et ainsi de suite. Tout en anglais mais je comprends assez pour m'intéresser.
Le mercredi, il faut rendre la chambre, alors j'attends dans le hall que le MARCO (musée d'art moderne) ouvre. J'y suis pile à l'ouverture. Il est gratuit et …surprenant. Il propose deux expositions : SCORE interaction entre le son et l'image. Par exemple un artiste reprend la bande son de la guerre des mondes et y plaque des images de "catastrophe" en cuisine. Un autre enregistre une sonate de Bartok au violon et la découpe pour avoir la meilleure interprétation numérique possible. Le collectif ZimmerFrei propose des "jumelles" où l'on peut voir une image fixe en 3D en même temps que des sons "naturels" sont diffusés (craquement de branche, bruit de pas ou de l'eau qui goutte…). L'autre exposition ne concerne qu'un seul artiste Ignacio xxx et s'appelle 100101. Une première œuvre, sonore, égrène 10 syllabes de façon monocorde et répétitive pendant huit heures (symbole d'une journée de travail mais aussi des heures d'ouverture du musée). Les autres œuvres exposées sont essentiellement des motifs géométriques en noir et blanc : variation sur l'épaisseur d'un trait, sur des losanges, des croix, des points… un cercle de classeurs gris utilisés en entreprise trône dans une pièce vide…La dernière œuvre exposée est un générique de 42' de l'ensemble du personnel du musée depuis sa création, classé d'abord par année puis par ordre alphabétique… Tout cela me laisse perplexe et pour couronner cette matinée je reçois une violente ondée à la sortie du musée. Je retourne manger des fruits et légumes puis, le soleil étant revenu, une dernière marche sur le port et dans la vieille ville avant de retourner à l'hôtel pour prendre le taxi puis l'avion.