Traversée par le Tigre et l’Euphrate, deux fleuves associés à la tradition biblique du paradis, la Mésopotamie antique a vu naître les premiers grands systèmes d’irrigation connus. L’exposition revient sur ce territoire où l’eau était omniprésente, bien différent de certaines régions aujourd’hui marquées par une forte aridité. Elle met en lumière les canaux, digues, ponts, aqueducs, réseaux de canalisations ou lacs artificiels qui ont profondément transformé les paysages et l’organisation des sociétés.
Le parcours se déploie en trois étapes, L’eau au cœur du divin, L’eau au cœur du territoire mésopotamien, L’eau au cœur du pouvoir.
Le parcours met en relation des objets très différents : tablettes administratives, œuvres sculptées, représentations divines ou documents liés à la gestion des ressources. Cette diversité permet de comprendre que l’eau ne relève pas d’un seul registre.
Elle est à la fois une réalité matérielle, un enjeu économique et un élément profondément ancré dans l’imaginaire. Les récits du Déluge, par exemple, traduisent la conscience ancienne des dangers liés à cet élément, tout en participant à la construction de visions du monde.
L'une des pièces clefs de cette réflexion : la stèle de Hammurabi, réalisée en Mésopotamie, sous le règne du roi Hammurabi de Babylone, entre 1792 et 1750 avant J.-C. Retrouvée à Suse, en Iran, lors des fouilles françaises de 1901-1902, elle est gravée en écriture cunéiforme et rédigée en paléo-babylonien, une forme ancienne de l’akkadien. Elle présente l’un des grands textes de loi de l’Antiquité, mais elle dit aussi beaucoup du rapport des Mésopotamiens à l’eau autour de l’entretien des digues, de la gestion des canaux ou des dégâts causés aux champs par une irrigation mal maîtrisée. Derrière ces règles, on comprend que l’eau engageait la responsabilité de chacun. Elle faisait vivre les terres, mais pouvait aussi créer des litiges lorsqu’elle débordait, manquait ou était mal contrôlée. La stèle rappelle ainsi qu’en Mésopotamie, administrer une cité revenait aussi à organiser l’accès à cette ressource vitale.
La plus vieille carte connue est présentée ( dans l'album associé elle est suivie d'un dessin actuel plus explicite) et elle représente des canaux ! Enormément de sceaux (en rapport avec l'eau) sont présentés sous leur forme cylindrique mais aussi sous leur forme de scellé rectangulaire. Parmi les curiosités de jolis poids en forme d'oie, très fins, des amulettes en forme de grenouilles, un monsieur sirène sur une grande fresque et quelques homme-taureau (que je croyais exclusivement réservé aux crétois).
L’exposition établit un parallèle entre les solutions développées dans l’Antiquité et les défis contemporains, notamment dans des territoires aujourd’hui confrontés à l’aridité. Elle propose ainsi de tirer des leçons du rapport à l’eau des anciens Mésopotamiens, sans réduire ce passé à une simple comparaison avec le présent.