Empires

Chaque année le grand palais donne carte blanche à un artiste pour investir le grand hall( au 13500 m² et au 35 mètres de hauteur), en 2016 c'est l'artiste chinois Huang Yong Ping qui y a déployé son oeuvre : Empires.

Huit collines de conteneurs colorés, un serpent métallique, soutenu par une grue, et un bicorne napoléonien gigantesque !

En étant capable de changer de peau et de continuer sa vie, le serpent est avant tout symbole de mutation et de régénération. Pour Huang Yong Ping, il symbolise à la fois le caractère éphémère du pouvoir et les mutations auxquelles notre monde est confronté. De plus les 316 vertèbres et 568 côtes en fonderie d'aluminium répondent à la perfection aux différentes courbes de la nef du Grand Palais.
Je monte au premier étage. Une fois en haut, on remarque que les huit piles de conteneurs symbolisent aussi les montagnes omniprésentes dans l'histoire de la peinture chinoise.
Ils symbolisent la révolution de la mondialisation économique actuelle. Pour renforcer encore cet aspect symbolique, l'artiste a installé un portique de levage. Cette grue capable de jongler avec les conteneurs est une sorte de nouvelle divinité. Elle est très importante. Elle est essentielle dans tous les grands ports du monde, à commencer par la Chine.

Le centre de l'installation est un agrandissement du chapeau porté par Napoléon Bonaparte lors de la bataille d'Eylau en 1807. Le bicorne est installé en équilibre entre deux piles de conteneurs, comme si un géant l'avait posé là par inadvertance. Ping n'a jamais manqué d'humour. En Chine, Napoléon est plus connu que Louis XIV. Ping fait un parallèle entre l'empereur Napoléon et ceux qui dirigent aujourd'hui des sociétés internationales, que l'on qualifie souvent d'empires. Les grands empereurs de la vie économique actuelle pourrait bien, eux aussi, finir mal ! Voilà en fait le vrai message de Huang Yong Ping, artiste impertinent engagé

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2016-05-16