IKIGAMI

IKIGAMI

Manga intéressant. Dans une uchronie du Japon, 1 enfant sur 1000 est sacrifié... au hasard.

Synopsis (sans spoil) :

Dans un pays asiatique imaginaire et non nommé, mené sous une dictature, chaque enfant reçoit dès son entrée à l'école primaire un vaccin. Parmi ces enfants, un sur mille reçoit un vaccin différent des autres car il contient une micro-capsule indétectable qui est capable de donner la mort à une date et heure précise. Le but de cette action est de donner conscience aux adultes de la valeur de la vie. Entre leurs 18 et 24 ans, ce vaccin se met en route à la date programmée et ils reçoivent de la part d'un fonctionnaire l'ikigami, leur préavis de mort qui les informe qu'il ne leur reste plus que 24 heures avant de mourir pour la nation.

Kengo Fujimoto est le héros de cette histoire. Fonctionnaire travaillant pour la prospérité nationale, son rôle est de distribuer l' ikigami et d'assurer le suivi du dossier. Si chaque chapitre se concentre sur ce que fera l'adulte désigné durant ses dernières 24 heures, une partie se déporte sur les réflexions et les doutes qu'il aura, au risque d'être la cible d'enquêtes internes.

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A plusieurs reprises l'auteur fait référence à l'histoire récente du Japon. Dans le tome 2, il trace un paralléle entre l'Ikigami et l'Akagami (avis rouge), surnom donné à la lettre de conscription pendant la seconde guerre mondiale. Dans le tome 4 l'accord de "Responsabilité des Charges" (dont la loi des vaccins fait partie) imposé par le vainqueur de la guerre est une allusion des plus claire au traité imposé par les Etats Unis à la fin de la seconde guerre mondiale
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L'adaptation en film live a été annoncée en septembre 2007. Le film est sorti au Japon en septembre 2008 sous le nom Ikigami, préavis de mort. Il se concentre sur trois histoires tirées des tomes 1 et 3, en particulier « La chanson oubliée » qui donne lieu à une chanson originale : Michishirube (« panneau de direction » en japonais), ainsi que « Aux confins de la vengeance », très résumée, mais qui a pour seul but de mettre le spectateur dans l'ambiance du film et du système de la « sauvegarde de la prospérité nationale ».

Dans les pays francophones, il est édité en DVD et Blu-ray par Kazé et a été diffusé sur la chaine KZTV.

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Motorô MASE commence sa carrière de mangaka en obtenant, en 1998, le prix Shôgakukan du meilleur jeune auteur pour sa première œuvre AREA. Il se consacre à son art et crée de nombreuses œuvres dont Kyoichi (toujours inédit en France). L’une de ses œuvres les plus connues en France est HEADS (édité en France chez Delcourt), l’adaptation d’un roman de Keigo Higashino, qui confirme son talent de conteur et la parfaite adéquation de son style avec le genre du thriller psychologique. En janvier 2005 commence la publication dans Weekly Young Sunday (Shôgakukan), de son titre le plus apprécié, Ikigami, le dixième et dernier tome a été publié en France en juin 2012.

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Extrait d'un interview de 2011(interview)

C'est parce que je souhaitais raconter un peu ce que pouvait être la vie que j'ai voulu faire cette oeuvre. Au départ, je souhaitais présenter les sentiments de personnages qui n'avaient plus beaucoup de temps à vivre tout en mettant en avant la valeur de la vie. Mais petit à petit, j'ai trouvé qu'il était intéressant de montrer la contradiction que l'on peut trouver entre l'Etat et l'individu: ici, les individus sont tués au nom de l'Etat ou pour le profit de l'Etat, mais il y a évidemment une grande contradiction qui m'a donné envie de développer de plus en plus cet aspect social qui ne demandait qu'à être mis en avant dans mon manga.

2014-10-01